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Guide audio Lyon · épisode 09 sur 15

Le théâtre des Célestins

La scène et la mémoire

3 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Pochette du guide audio Horison Lyon
HORISON – MÉDIA ASSOCIATIFGuide audio Lyon09

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d’histoire. Pour ce neuvième épisode lyonnais, nous pénétrons dans un écrin de velours et de lumière : le théâtre des Célestins, où depuis plus de deux siècles, la ville s’observe en se jouant elle-même.

Sous ses arches et ses dorures, ce théâtre est l’un des plus anciens encore en activité en France. Mais avant d’être un lieu d’art, c’était un lieu de silence. Au XIVᵉ siècle, ici s’élevait le couvent des moines Célestins, ordre contemplatif fondé par le pape Célestin V. Pendant quatre siècles, les jardins et les cloîtres baignaient dans le calme. Puis la Révolution fit disparaître les religieux, et le lieu se transforma peu à peu. Sur les ruines du couvent, la ville décida d’ériger un théâtre.

Le premier bâtiment, inauguré en 1792, fut détruit par un incendie, puis reconstruit plusieurs fois. La version actuelle date de 1877, œuvre des architectes Gaspard André et Charles Duret. Avec ses galeries circulaires, ses balcons et ses plafonds peints, le théâtre des Célestins incarne la perfection du style italien. Mais derrière cette élégance, il cache une âme tenace. Les Lyonnais ont toujours considéré ce lieu comme un repère : un endroit où l’on rit, où l’on pleure, où l’on se retrouve.

Au XIXᵉ siècle, la salle accueillait des opérettes, des vaudevilles, des drames romantiques. Les plus grands acteurs de leur temps foulèrent sa scène. Et lors de la Première Guerre mondiale, le théâtre servit d’abri et de lieu de solidarité : on y organisait des collectes, des représentations pour les soldats blessés. Chaque époque a laissé ici son souffle.

Peu de spectateurs le savent, mais sous la scène se trouve un puits de machinerie datant du XIXᵉ siècle, encore partiellement conservé. Un labyrinthe de poulies, de trappes et de leviers permettait de faire surgir des décors en quelques secondes. Un vestige d’un autre âge, invisible, mais essentiel à la magie du lieu.

Depuis les années 1980, le théâtre est dirigé par des metteurs en scène audacieux, mêlant tradition et modernité. C’est ici que le théâtre public lyonnais a trouvé son identité : accessible, intelligent, populaire sans jamais être banal. Et chaque soir, lorsque le rideau s’ouvre, une même émotion traverse la salle — celle d’appartenir à une histoire commune.

La nuit s’étend sur la place des Célestins. Sous la façade illuminée, les spectateurs sortent en silence, comme si chaque mot devait encore résonner. Le théâtre referme ses portes, mais sa scène, elle, ne dort jamais.

Voilà, vous venez d’écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture. Dans notre prochain épisode, nous irons au sud, là où l’eau, la modernité et l’architecture redessinent la ville : le quartier de Confluence, Lyon tourné vers demain.