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Les fêtes de fin d’année dans le monde · épisode 10 sur 15

Espagne, la Cabalgata de Reyes

la nuit où arrivent les Rois

4 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Pochette du guide audio Horison Fêtes de fin d’année
HORISON – MÉDIA ASSOCIATIFLes fêtes de fin d’année dans le monde10

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d’histoire. Pour ce dixième épisode consacré aux rituels d’hiver du monde, nous marchons dans les rues de l’Espagne, là où la magie de Noël atteint son sommet non pas le 24 ou le 25 décembre, mais le 5 janvier. Ce soir-là, les villes et villages du pays s’illuminent pour la Cabalgata de Reyes, la grande parade des Rois mages.

La tradition remonte au XIXᵉ siècle, lorsque plusieurs villes espagnoles organisent des représentations publiques de l’arrivée des rois de l’Évangile. La première cabalgata documentée a lieu à Alcoy, en 1866, et se poursuit encore aujourd’hui comme l’une des plus anciennes et des plus emblématiques du pays. Le concept se répand ensuite dans toute l’Espagne, devenant un rituel national profondément ancré.

Nous avançons dans une rue de Madrid alors que la nuit tombe. Les chars colorés se préparent, les tambours résonnent, les enfants brandissent leurs lettres destinées aux rois. Dans la tradition espagnole, ce sont Melchior, Gaspar et Baltasar — et non le Père Noël — qui apportent les cadeaux. Leur voyage symbolique depuis l’Orient représente l’universalité de l’Épiphanie.

La cabalgata commence. En tête, les troupes de danse, les fanfares, les acrobates, puis les chars des rois, chacun accompagné de pages qui lancent des bonbons dans la foule. Ce geste, apparu au XXᵉ siècle, est devenu l’un des moments les plus attendus : des milliers de mains se tendent, des sacs se remplissent, les enfants rient tandis que les confiseries pleuvent comme une bénédiction sucrée.

Dans certaines villes, la cabalgata prend un caractère plus solennel. À Séville, les rois arrivent sur des chars richement décorés, rappelant les traditions processionnelles andalouses. À Barcelone, l’un des rois débarque symboliquement du port, réaffirmant l’héritage maritime de la ville. À Grenade, les rois traversent les ruelles mauresques, faisant dialoguer les héritages chrétiens, juifs et musulmans de l’Andalousie.

La Cabalgata est aussi un rituel familial. Après la parade, les enfants déposent leurs chaussures près de la porte et préparent un verre de lait, un peu de turrón, et parfois même de l’eau ou du foin pour les chameaux des rois. Le lendemain matin, le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, ils découvrent leurs cadeaux.

Le repas de ce jour est marqué par le Roscón de Reyes, une brioche en forme de couronne décorée de fruits confits. À l’intérieur se cachent deux surprises : une fève, qui donne au malchanceux l’obligation de payer le gâteau, et une figurine représentant un roi, qui couronne celui ou celle qui la trouve.

Cette fête, profondément ancrée dans la culture espagnole, dépasse les frontières religieuses. Elle incarne un moment de joie collective, où les rues deviennent des scènes vivantes, où l’enfance se mêle à la tradition et où les villes se transforment en royaumes éphémères.

Alors, dans le scintillement des chars, les musiques festives et les voix qui appellent les rois par leur nom, la Cabalgata de Reyes nous révèle une Espagne qui célèbre la magie par la marche, la lumière et le partage.

Voilà, vous venez d’écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture. Dans le prochain épisode, nous irons en Allemagne pour découvrir les origines du Christkind et les marchés de Noël historiques.