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Les fêtes de fin d’année dans le monde · épisode 13 sur 15

Italie, la Befana

la vieille dame de l’Épiphanie

4 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Pochette du guide audio Horison Fêtes de fin d’année
HORISON – MÉDIA ASSOCIATIFLes fêtes de fin d’année dans le monde13

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d’histoire. Pour ce treizième épisode consacré aux rituels d’hiver du monde, nous marchons dans les ruelles d’Italie, là où le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, est dominé par la figure de la Befana, une vieille femme bienveillante qui parcourt les maisons pour offrir cadeaux et friandises aux enfants.

L’origine de la Befana reste complexe, à la croisée de plusieurs traditions. Certains historiens y voient la survivance de rituels romains liés au changement d’année, notamment ceux dédiés à Strenia, déesse associée aux offrandes et à la bonne fortune. Avec la christianisation, ces traditions se mêlent au récit de l’Épiphanie et des Rois mages. Selon la légende la plus répandue, la Befana aurait croisé leur route, refusé d’abord de les suivre, puis regretté sa décision. Depuis, elle parcourrait chaque année les maisons à la recherche de l’Enfant Jésus, laissant cadeaux et charbons symboliques.

Nous avançons vers une petite place illuminée de guirlandes. La Befana est souvent représentée comme une vieille femme vêtue de haillons, montée sur un balai, portant un sac rempli de dolci — bonbons, fruits secs, biscuits — et parfois de charbon sucré pour rappeler, avec douceur, les bêtises de l’année écoulée. Loin de la sorcière inquiétante des contes européens, elle est en Italie une figure profondément aimée, entre malice et bienveillance.

Dans la ville de Rome, la place Navone accueille chaque année le Mercatino della Befana, foire traditionnelle où stands de jouets, friandises et décorations transforment la place baroque en un théâtre d’hiver. Cette tradition remonte au XIXᵉ siècle et demeure l’un des rendez-vous les plus populaires de l’Épiphanie italienne.

Dans plusieurs régions, notamment en Toscane, en Émilie-Romagne ou dans les Abruzzes, des défilés sont organisés. Certains villages célèbrent la veille du 6 janvier avec un grand feu — le falò della Befana — destiné à symboliser la fin de l’année écoulée et le renouveau. La fumée et les braises deviennent alors des signes interprétés pour prédire les récoltes ou la météo des mois à venir.

À l’intérieur des foyers, le soir du 5 janvier, les enfants déposent une chaussette près de la cheminée ou de la fenêtre. Ils préparent parfois un verre de vin et quelques biscuits pour la Befana, et un plat de nourriture pour son âne ou son balai magique selon les variantes régionales. Le lendemain matin, les chaussettes débordent : biscuits, chocolats, fruits… ou un peu de charbon noir, devenu de nos jours une friandise en sucre dur teinté.

La Befana incarne un trait particulier de la culture italienne : la capacité à mêler mémoire païenne, tradition chrétienne et imagination populaire. C’est une figure de lien entre les générations, entre les régions, entre le rire et la sagesse.

Alors, dans l’odeur des feux de bois, les rires des enfants sur les places et le bruissement d’un balai qui s’éloigne dans la nuit d’hiver, la Befana nous raconte un pays où les histoires anciennes continuent de vivre dans les gestes les plus simples.

Voilà, vous venez d’écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture. Dans le prochain épisode, nous irons au Royaume-Uni pour écouter les Christmas Carols, chants qui éclairent les nuits anglaises depuis le Moyen Âge.