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Les fêtes de fin d’année dans le monde · épisode 07 sur 15

Éthiopie, Ganna

le Noël aux tambours et aux étoiles

4 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Pochette du guide audio Horison Fêtes de fin d’année
HORISON – MÉDIA ASSOCIATIFLes fêtes de fin d’année dans le monde07

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d’histoire. Pour ce septième épisode consacré aux rituels d’hiver du monde, nous rejoignons l’Éthiopie, un pays où Noël ne se célèbre pas le 25 décembre mais le 7 janvier, selon le calendrier julien encore utilisé par l’Église orthodoxe éthiopienne. Cette fête, appelée Ganna, est l’un des moments spirituels les plus importants du pays.

Ganna plonge ses racines dans l’une des plus anciennes traditions chrétiennes du monde. Le christianisme est introduit en Éthiopie au IVᵉ siècle, sous le règne du roi Ezana d’Aksoum, faisant du pays l’un des tout premiers royaumes officiellement chrétiens. Cette histoire millénaire se retrouve aujourd’hui dans la liturgie, les chants, les vêtements et les églises troglodytes sculptées dans la pierre.

Nous avançons vers un village du nord, là où les églises rupestres de Lalibela, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, accueillent des milliers de pèlerins pour Ganna. Creusées aux XIIᵉ et XIIIᵉ siècles dans la roche volcanique, elles forment un réseau souterrain unique, un labyrinthe sacré où l’architecture devient une prière taillée dans la pierre.

La veille de Ganna, les fidèles observent un jeûne strict. À la tombée de la nuit, la liturgie commence. Les prêtres, vêtus de robes blanches et de turbans, avancent en portant des sistrums — des instruments métalliques ancestraux — et des kebaro, tambours dont le rythme accompagne les chants. Les fidèles forment des cercles de prière, scandent la liturgie en ge’ez, langue liturgique vieille de plus de 1 500 ans, toujours chantée aujourd’hui.

Le moment le plus fort se produit au cœur de la nuit, lorsque les églises de Lalibela s’illuminent de torches et que les chants se prolongent jusqu’à l’aube. Les pèlerins vêtus de shamma, étoffes blanches traditionnelles, recouvrent les flancs des rochers, formant un paysage humain et spirituel unique.

Au matin du 7 janvier, la célébration se poursuit avec la communion, puis avec un repas festif partagé. Les familles préparent souvent un ragoût épicé, le doro wat, accompagné d’injera, la galette traditionnelle au teff. C’est un moment de joie simple, où la communauté se réunit après une longue nuit de prière.

Dans certaines régions, notamment dans le nord du pays, une tradition ancienne veut que les jeunes hommes jouent au genna, un jeu qui aurait donné son nom à la fête. S’apparentant au hockey sur gazon, il se pratique avec un bâton et une petite balle en bois. Selon le folklore éthiopien, les bergers auraient joué à ce jeu pour célébrer la naissance du Christ.

Ganna est une fête qui mêle mémoire religieuse, identité culturelle et unité nationale. Chaque année, elle attire des visiteurs du monde entier, fascinés par la profondeur de la liturgie éthiopienne et la beauté des paysages qui entourent les églises.

Alors, dans le retentissement des tambours kebero et la lumière pâle du matin qui se glisse entre les parois de pierre, Ganna nous révèle un Noël où le temps semble suspendu, ancré dans l’une des plus anciennes chrétientés du monde.

Voilà, vous venez d’écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture. Dans le prochain épisode, nous rejoindrons la Russie pour découvrir Ded Moroz, le grand-père du froid, et Snegurochka, sa compagne de givre, qui accompagnent les célébrations du Nouvel An russe.