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Les fêtes de fin d’année dans le monde · épisode 02 sur 15

Suède, Sainte-Lucie

la lumière au cœur de l’hiver

3 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Pochette du guide audio Horison Fêtes de fin d’année
HORISON – MÉDIA ASSOCIATIFLes fêtes de fin d’année dans le monde02

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d’histoire. Pour ce deuxième épisode consacré aux rituels d’hiver du monde, nous nous rendons en Suède, là où la fête de Sainte-Lucie, célébrée chaque 13 décembre, éclaire les nuits les plus longues de l’année et apporte une lueur symbolique au cœur de l’hiver scandinave.

La tradition trouve ses racines dans une figure venue de loin : Lucie de Syracuse, martyre chrétienne du IVᵉ siècle, dont le nom dérive du latin lux, la lumière. Introduit en Scandinavie par les missionnaires médiévaux, son culte se mêle aux anciennes coutumes nordiques liées au solstice d’hiver. Avant la réforme du calendrier en 1753, le 13 décembre était même considéré comme le jour le plus sombre de l’année en Suède.

Nous avançons dans une petite église suédoise. À l’aube, dans un silence presque sacré, une procession s’organise. La jeune fille choisie pour incarner Lucia apparaît en tête, vêtue d’une robe blanche et d’une ceinture rouge. Sur sa tête repose une couronne de bougies allumées, rappelant les récits médiévaux qui associent la sainte à la lumière qui perce l’obscurité.

Derrière elle, les tärnor, les demoiselles d’honneur vêtues de blanc, portent des bougies à la main. Les stjärngossar, les garçons aux chapeaux coniques étoilés, suivent en chantant. Parfois, de jeunes enfants déguisés en petits lutins — les tomtar — ferment la marche, ajoutant une touche populaire à cette cérémonie.

Les chants qui retentissent, notamment Sankta Lucia, sont devenus indissociables de la fête. Leur origine est surprenante : la mélodie la plus connue vient en réalité d’une chanson napolitaine du XIXᵉ siècle, Santa Lucia, adaptée en suédois dès la fin du siècle pour accompagner la procession.

Après la cérémonie religieuse ou scolaire, la fête se poursuit dans les maisons, les écoles, les hôpitaux, parfois même dans les gares où Lucia apparaît pour offrir un moment de douceur matinale. On y déguste les lussekatter, des brioches safranées en forme de “S”, dont la couleur dorée symbolise à nouveau la lumière. Avec le café chaud, elles réchauffent les matins glacials de décembre.

En Suède, Luciadagen occupe une place particulière : c’est une fête à la fois chrétienne, populaire et culturelle, largement célébrée par-delà les convictions religieuses. Dans un pays où la lumière disparaît pendant de longues heures, Lucia représente la chaleur humaine, la communauté et l’espoir qui traversent l’hiver.

La fête évolue aussi avec le temps. Dans les dernières décennies, plusieurs débats autour de l’inclusion — notamment sur qui peut incarner Lucia — ont transformé la tradition en un espace renouvelé, ouvert à toutes et tous, fidèle à l’esprit de partage qui l’anime.

Alors, dans la clarté fragile des bougies qui avancent dans la nuit, Sainte-Lucie nous offre une leçon : même au cœur des jours les plus sombres, la lumière peut naître d’un simple geste collectif.

Voilà, vous venez d’écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture. Dans le prochain épisode, nous voyagerons en Islande pour rencontrer les Yule Lads, figures malicieuses du folklore hivernal qui traversent les montagnes enneigées.