Les fêtes de fin d’année dans le monde · épisode 01 sur 15
Japon, Oshōgatsu
le Nouvel An japonais
3 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d’histoire. Pour ce premier épisode consacré aux rituels d’hiver du monde, nous débutons au Japon, là où le Nouvel An — Oshōgatsu — demeure l’une des fêtes les plus importantes du pays, un moment de purification, de mémoire et de renouveau.
Au Japon, l’année ne commence pas dans l’exubérance, mais dans l’intimité. Les derniers jours de décembre sont consacrés au ōsōji, le grand nettoyage des maisons, destiné à accueillir la divinité du renouveau, Toshigami, protectrice des foyers. Dans les rues, les décorations traditionnelles apparaissent : les kadomatsu, assemblages de pins et de bambous placés devant les portes ; les shimenawa, cordes sacrées qui marquent la présence du divin.
Nous avançons dans un sanctuaire shintô. Le 31 décembre, à minuit, les cloches des temples bouddhistes résonnent 108 fois, un rituel appelé Joya no Kane, symbolisant la libération des 108 désirs qui troublent l’esprit humain selon la tradition bouddhique. Chaque frappe est un pas vers une année plus claire.
Le lendemain, des millions de Japonais se rendent pour le hatsumōde, la première visite de l’année dans un sanctuaire ou un temple. Les familles tirent des omikuji, petits papiers divinatoires, et attachent les prédictions moins favorables sur des portiques pour les neutraliser. Des amulettes neuves — omamori — sont achetées pour protéger l’année à venir.
Dans les foyers, Oshōgatsu se vit autour de mets chargés de symbolique. Les osechi-ryōri, plats préparés à l’avance dans de laque colorée, datent de l’époque Heian. Chaque ingrédient porte un sens : le kuromame, haricot noir, symbolise la santé ; le kazunoko, œufs de hareng, la prospérité familiale ; le kombu, algue séchée, évoque la joie. Dans un coin de la pièce, la soupe ozōni, différente selon les régions, unit riz gluant, dashi ou miso et légumes saisonniers.
Le premier lever de soleil de l’année, hatsuhinode, est un autre moment fort. À l’aube, les familles observent l’horizon depuis les plages, les collines, les sanctuaires ou même les toits des immeubles. L’astre naissant est considéré comme un messager divin, porteur d’énergie et de protection.
À travers toutes ces pratiques, Oshōgatsu révèle une vision du temps profondément ancrée dans la culture japonaise : le passage à l’année nouvelle n’est pas un simple changement de calendrier, mais un cycle de purification, d’harmonie et de gratitude.
Alors, dans la lumière pâle qui traverse les branches de pin, Oshōgatsu nous laisse entrevoir un Japon où la tradition, le rituel et le renouveau s’unissent dans une douceur silencieuse.
Voilà, vous venez d’écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture. Dans le prochain épisode, nous voyagerons en Suède pour découvrir la fête de Sainte-Lucie, célébration lumineuse qui éclaire les plus longues nuits de l’hiver nordique.