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Les fêtes de fin d’année dans le monde · épisode 03 sur 15

Islande, les Yule Lads

treize silhouettes dans la nuit d’hiver

3 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Pochette du guide audio Horison Fêtes de fin d’année
HORISON – MÉDIA ASSOCIATIFLes fêtes de fin d’année dans le monde03

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d’histoire. Pour ce troisième épisode consacré aux rituels d’hiver du monde, nous nous rendons en Islande, une terre où les nuits sont longues et les légendes anciennes. Ici, l’attente de Noël est rythmée par l’arrivée des Yule Lads, treize personnages issus d’un folklore profondément ancré dans la culture nordique.

L’origine de ces figures remonte aux récits islandais médiévaux et aux croyances de l’ère viking. Pendant des siècles, les Yule Lads n’étaient pas de gentils lutins : ils étaient des créatures malicieuses, parfois inquiétantes, vivant dans les montagnes autour du volcan Katla. Leur mère, Grýla, une géante féroce, apparaît dès le XIIIᵉ siècle dans les sagas. Elle descendait, disait-on, pour punir les enfants désobéissants. À ses côtés, Leppalúdi, son compagnon, et un chat énorme, le Jólakötturinn, ajoutaient une touche de frayeur populaire.

Nous avançons au cœur d’un petit village islandais. Les maisons de tourbe, la neige, l’odeur du poisson séché rappellent un mode de vie ancien, façonné par le froid et l’isolement. Dans cette atmosphère naissent les treize Yule Lads, chacun portant un nom évocateur de son caractère : Stekkjastaur, le raide comme un bâton ; Giljagaur, le rôdeur des ravins ; Stúfur, le petit trapu ; Þvörusleikir, le lécheur de cuillères ; Pottaskefill, le gratteur de marmites ; et ainsi de suite, jusqu’à Kertasníkir, le voleur de bougies.

À partir du XIXᵉ siècle, avec l’évolution des traditions chrétiennes et la transformation du folklore, les Yule Lads deviennent plus bienveillants. Aujourd’hui, ils descendent des montagnes chacun un jour, du 12 au 24 décembre. Les enfants déposent leurs chaussures sur le rebord des fenêtres ; chaque nuit, un Yule Lad y laisse un petit cadeau… ou une pomme de terre pour les plus turbulents.

Dans certaines familles, on raconte encore l’histoire du chat de Noël, le Jólakötturinn, qui dévorait autrefois ceux qui n’avaient pas reçu de nouveaux vêtements pour l’hiver — un moyen traditionnel d’encourager les tâches domestiques et l’entraide agricole. Ce récit, popularisé au XXᵉ siècle par les poèmes de Jóhannes úr Kötlum, fait désormais partie du folklore exempt de menace réelle, mais toujours riche d’imaginaire.

La culture islandaise a su préserver ces traditions tout en les adaptant. Les Yule Lads apparaissent dans les écoles, les musées, les villages, parfois vêtus de laine et de peaux, parfois dans des versions plus modernes. Leur diversité reflète la manière dont l’Islande embrasse son héritage : entre humour, austérité nordique et poésie.

Alors, dans le silence des paysages volcaniques et la lumière diffuse des nuits d’hiver, les Yule Lads nous rappellent que les fêtes islandaises sont tissées de récits anciens, de malice, de communauté et d’une nature qui demeure, encore aujourd’hui, indomptée.

Voilà, vous venez d’écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture. Dans le prochain épisode, nous poursuivrons notre voyage vers la Finlande, où le sauna de Noël perpétue l’un des rituels les plus anciens du pays.