Soutenir

Guide audio Paris · épisode 24 sur 30

Le Centre Pompidou

L'usine et le rêve

3 min d’écoute · gratuit · le texte intégral de l’épisode est ci-dessous

Pochette du guide audio Horison Paris
HORISON – MÉDIA ASSOCIATIFGuide audio Paris24

Bienvenue dans Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture et d'histoire.

Pour ce vingt-quatrième épisode parisien, nous vous emmenons découvrir le Centre Pompidou, ce monument de l'audace architecturale, où les tuyaux sont exposés à l'extérieur et les œuvres à l'intérieur, symbole d'une France qui décida un jour que la modernité était une fête.

En 1969, le président Georges Pompidou prend une décision qui stupéfie le monde : il lancera un concours international pour construire au cœur de Paris, sur le plateau Beaubourg, un centre culturel d'un genre nouveau. Pas un musée classique. Un lieu vivant, populaire, mêlant art moderne, bibliothèque, musique et spectacle. Six cent quatre-vingt-un projets sont reçus. Et c'est un duo improbable — l'Italien Renzo Piano et le Britannique Richard Rogers — qui remporte le concours avec un projet que le jury qualifie de "révolutionnaire".

L'idée est aussi simple que provocatrice : retourner le bâtiment. Tous les éléments techniques habituellement cachés — les conduits d'air, les câbles électriques, les escalators, les tuyaux d'eau — sont exposés à l'extérieur, peints de couleurs codées : bleu pour l'air, jaune pour l'électricité, vert pour l'eau, rouge pour la circulation. L'intérieur, libéré de toute contrainte, devient un plateau entièrement modulable. Les Parisiens, d'abord scandalisés, finissent par l'appeler affectueusement "le raffinerie" ou "Notre-Dame des Tuyaux".

Inauguré en 1977, le Centre Pompidou attire dès sa première année plus de visiteurs que la Tour Eiffel. En dehors des salles d'exposition, la place Igor-Stravinsky, avec ses fontaines colorées et ses sculptures mobiles signées Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, devient un espace de vie populaire. Des jongleurs, des musiciens, des débatteurs y élisent domicile. Le rêve de Pompidou est exaucé : la culture descend dans la rue.

La collection du musée national d'Art moderne, abritée aux étages supérieurs, est l'une des plus riches au monde pour l'art du XXᵉ siècle : Kandinsky, Matisse, Picasso, Dalí, Warhol, Klein, Basquiat, Bourgeois... Chaque salle est un continent. Et depuis les terrasses du sixième étage, Paris se déploie comme une carte, la Tour Eiffel à l'ouest, Notre-Dame à l'est, le Louvre au nord.

Peu le remarquent, mais le bâtiment est légèrement incliné vers la place : une décision délibérée des architectes pour que les visiteurs, depuis l'escalator vitré, découvrent progressivement le panorama parisien comme on ouvre un livre page à page. C'est un cadeau caché, une pensée de beauté dans une machine industrielle.

Le Centre Pompidou, c'est Paris qui rit de lui-même. Une ville qui accepta de défigurer son skyline pour accueillir l'avenir. Un lieu où l'art n'est pas sacré : il est vivant, bruyant, parfois incompréhensible, mais toujours libre.

Voilà, vous venez d'écouter Horison, le podcast qui contemple le monde à travers ses lieux de culture.

Dans notre prochain épisode, nous vous emmenons découvrir le Bois de Boulogne, forêt royale transformée en poumon de la ville, là où Paris respire entre les arbres..